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VMware vSAN : concevoir un stockage hyperconvergé performant et résilient

31 octobre 2026 · 5 min de lecture

VMwarevSANStockageHCIVCF

ESA ou OSA, stratégies RAID-1, RAID-5 et RAID-6, topologies, réseau et dimensionnement : les clés pour réussir un cluster vSAN en production.

vSAN ESA : stratégies RAID-1, RAID-5 et RAID-6 sur un cluster de six hôtes NVMe

VMware vSAN transforme les disques locaux des hôtes ESX en un datastore partagé, directement intégré à l'hyperviseur. Plus de baie de stockage ni de réseau SAN à gérer séparément : le stockage évolue avec les serveurs, et sa configuration se pilote par des stratégies appliquées à chaque machine virtuelle. vSAN est le stockage principal de VMware Cloud Foundation.

ESA ou OSA : deux architectures

CritèreOSA (architecture d'origine)ESA (Express Storage Architecture)
DisquesGroupes de disques : un disque de cache et des disques de capacitéPool unique de disques NVMe, sans couche de cache
RAID-5/6Possible, mais moins performant que le miroirPerformance proche du miroir, donc à privilégier
CompressionOption au niveau du clusterPar stratégie, activée par défaut, plus efficace
InstantanésClassiques, à éviter sur la duréeNatifs et peu coûteux en performance
Réseau10 GbE possible25 GbE recommandé (10 GbE limité aux petits profils)
Pour qui ?Parcs existantsTous les nouveaux déploiements

Pour un nouveau projet, l'ESA est le choix par défaut : plus performant, plus efficace en capacité, plus simple. Elle impose en revanche des serveurs et disques NVMe certifiés pour vSAN ESA.

Les stratégies de stockage

Chaque disque virtuel suit une stratégie qui fixe le nombre de pannes tolérées (FTT) et la méthode de protection. On peut faire coexister plusieurs stratégies sur le même datastore : miroir pour une base de données critique, RAID-5 pour des serveurs applicatifs, RAID-6 pour de l'archive.

StratégiePannes toléréesHôtes minimumCapacité consommée
RAID-1, FTT=1132x
RAID-1, FTT=2253x
RAID-5 ESA, 2+1131,5x
RAID-5 ESA, 4+116 (format choisi automatiquement)1,25x
RAID-6, 4+2261,5x

Règle d'or : prévoir un hôte de plus que le minimum. Sans cet hôte de réserve, vSAN ne peut pas reconstruire la protection après une panne, et les données restent exposées jusqu'à la réparation.

Les topologies

  • Cluster standard : de 3 à plusieurs dizaines d'hôtes dans un même site.
  • Cluster à deux nœuds : pour les agences et sites distants, avec un témoin (witness) hébergé ailleurs.
  • Cluster étendu : deux sites actifs et un témoin sur un troisième site. Les données sont protégées entre les sites, et éventuellement à l'intérieur de chacun. Il faut une latence très faible entre les deux sites de données (5 ms aller-retour au maximum).
  • vSAN Max : stockage désagrégé, des clusters dédiés au stockage partagés par des clusters de calcul, pour faire évoluer indépendamment calcul et capacité.

Le réseau : le point le plus souvent sous-estimé

  • VLAN dédié au trafic vSAN, sur au moins deux liens physiques redondants.
  • 25 GbE ou plus pour l'ESA : la performance des NVMe se perd vite sur un réseau saturé, notamment pendant les reconstructions.
  • Commutateurs non bloquants, avec tampons suffisants ; MTU de 9000 possible, mais cohérent de bout en bout.
  • Configuration actif-passif ou équilibrage fondé sur la charge sur le vSphere Distributed Switch ; Network I/O Control pour garantir la bande passante de vSAN face à vMotion.

Dimensionner correctement

  1. Partir de la capacité utile nécessaire, multipliée par le coût de la stratégie choisie (1,25x à 3x).
  2. Ajouter la réserve opérationnelle et la réserve de reconstruction d'un hôte : vSAN sait les calculer et les réserver pour éviter de saturer le datastore.
  3. Intégrer la croissance sur trois à cinq ans, et les gains de compression avec prudence (ils dépendent des données).
  4. Vérifier la performance : nombre de disques par hôte, débit réseau, profil d'entrées-sorties des applications.
  5. Utiliser l'outil de dimensionnement de VMware et les profils ReadyNode plutôt que des estimations à la main.

Services de données et sécurité

  • Chiffrement des données au repos, avec un serveur de clés externe (KMS) ou le fournisseur de clés natif de vSphere.
  • Chiffrement en transit entre les hôtes, pour les environnements sensibles.
  • Compression et, avec VCF 9, déduplication globale sur l'ESA pour gagner encore en capacité.
  • Services de fichiers (NFS et SMB) intégrés pour les besoins simples de partage.

Exploitation

  • Surveiller les contrôles de santé vSAN et traiter chaque alerte : ils détectent problèmes réseau, matériel non certifié et micrologiciels incompatibles.
  • Gérer micrologiciels et pilotes avec les images vSphere Lifecycle Manager, conformes à la liste de compatibilité vSAN.
  • Choisir le bon mode de maintenance : « garantir l'accessibilité » pour une intervention courte, « migration complète des données » avant le retrait définitif d'un hôte.
  • Ne jamais dépasser durablement 70 à 80 % de remplissage ; anticiper l'ajout d'hôtes.
  • vSAN n'est pas une sauvegarde : gardez une solution de sauvegarde externe et testez les restaurations.

En résumé

vSAN ESA offre un stockage rapide, simple et efficace, piloté par stratégies. Les clés du succès sont un matériel certifié, un réseau à la hauteur, un hôte de réserve au-dessus du minimum et une capacité dimensionnée avec ses réserves.

BS Core IT Consulting vous accompagne dans la conception et le dimensionnement de vos clusters vSAN, la migration depuis vos baies existantes et l'optimisation de vos environnements VCF.